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Une nouvelle étude démontre que combiner la mammographie 3D à la 2D est plus efficace pour détecter le cancer du sein

L’utilisation combinée de la mammographie 2D et de la mammographie 3D permet aux médecins de détecter 90 % de cancers du sein en plus, selon une étude italienne publiée dans la revue Radiology

Le dépistage par mammographie est souvent considéré comme la première ligne de défense dans la lutte contre le cancer du sein. En France, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à passer tous les deux ans une mammographie dans le cadre du programme de dépistage organisé. Une détection précoce du cancer du sein permet de réduire de 25 à 30% le risque de mortalité chez la patiente1.

Il existe deux types de mammographie : la mammographie conventionnelle, couramment appelée « mammographie 2D », qui génère une image en deux dimensions du sein, et la tomosynthèse, également appelée « mammographie 3D », qui utilise plusieurs clichés pour générer une image en trois dimensions.

« Aux États-Unis, les médecins utilisent plus fréquemment la mammographie 3D pour dépister le cancer du sein », explique le Dr. Pierpaolo Pattacini, directeur du service d’imagerie médicale et de biologie médicale de l’hôpital Santa Maria Nuova (IRCCS) de la région de Reggio Emilia, en Italie. « En Europe, la mammographie 3D n’est pas utilisée dans les programmes de dépistage organisé ».

Le Dr. Pattacini et une équipe de radiologues et de scientifiques chargés du programme de dépistage du cancer du sein de la région de Reggio Emilia ont décidé de tester l’efficacité de la mammographie 3D pour le dépistage en la combinant à la technologie 2D. Leur objectif était de déterminer si cette association pouvait améliorer le pronostic des patientes et réduire le taux de mortalité plus efficacement que la mammographie 2D seule.

Les résultats ont été stupéfiants. En associant la technologie 3D à la mammographie 2D pour le dépistage, les chercheurs ont été en mesure de détecter 90 % de cancers du sein de plus qu’avec la mammographie 2D, et avec un taux de rappel identique.

Cette étude a été la première étude clinique européenne sur la mammographie « 2D + 3D » à être menée sous la forme d’un essai prospectif randomisé, une méthode largement reconnue dans le domaine de la médecine fondée sur des données probantes.

Le Dr. Pattacini et son équipe ont fait passer des examens de dépistage à l’aide des technologies de mammographie GE Healthcare à environ 20 000 femmes.  « Nous avons divisé les femmes en deux groupes statistiquement équivalents. Un groupe a passé une mammographie 2D de dépistage et a été traité en conséquence, tandis que les femmes du second groupe ont été traitées sur la base des résultats de la lecture des examens 2D et 3D combinés », explique le Dr. Pattacini.

« Constater un taux de rappel similaire et une augmentation significative du pourcentage de cancers détectés suggère que nous avons pu détecter ces cancers plus tôt, ce qui aura, nous l’espérons, des répercussions positives sur le pronostic du cancer », déclare le Dr. Pattacini.

L’étude a également démontré que la mammographie 3D offrait une capacité de détection identique pour toutes les densités de sein, avec une amélioration d’environ 70 % de la détection chez les femmes présentant des seins denses. Elle permettait aussi d’augmenter de 94 % de la détection des cancers invasifs de petite taille, qui sont en règle générale plus faciles à traiter. Une augmentation de 122 % de la détection des cancers invasifs de taille moyenne a également été observée.

Autre avantage de la technologie 3D : le pourcentage de résultats faux positifs (femmes rappelées pour un deuxième examen alors qu’elles n’ont pas de cancer) a été réduit de 25 % comparé à la mammographie 2D seule. Ceci permet d’éviter des examens superflus et de créer de l’inquiétude inutile.

« Nos données confirment les excellents résultats obtenus avec la mammographie 3D, déjà mis en évidence par d’autres études prospectives européennes menées dans le cadre de programmes de dépistage de grande ampleur », ajoute le Dr. Pattacini. « Mais nos résultats vont encore plus loin : seuls des essais randomisés permettent d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle technique de dépistage, par exemple déterminer si l’ajout de la mammographie 3D aux programmes de dépistages pourrait signifier moins de cancers détecter entre les dépistages. C’est pourquoi d’autres études actuellement en cours en Europe et aux États-Unis ont été conçues de la même manière ».

La population ciblée par l’étude comprenait des femmes âgées entre 45 et 70 ans activement contactées dans le cadre du programme de dépistage par le biais d’un système de convocation et de rappel. Trois des six centres de mammographie régionaux ont été inclus dans l’étude, et les mammographies ont été centralisées puis interprétées par dix radiologues.

« En tenant compte des nouvelles recherches menées sur le dépistage personnalisé du cancer du sein, nous pensons que la mammographie 3D marque un tournant dans l’évolution technologique de l’imagerie du sein », déclare le Dr. Pattacini. « Je pense que notre étude marque une étape décisive dans la promotion de la mammographie 3D pour le dépistage du cancer du sein. C’est une porte ouverte sur l’avenir ».

 

[1] Institut National du Cancer. Bénéfices et limites du programme de dépistage du cancer du sein. www.e-cancer.fr. Octobre 2012.